jeudi 10 septembre 2020

corrigé: Un préjugé peut-il être bon?

 Depuis le siècle des Lumières, il est courant de critiquer les préjugés, de les refuser.

Un préjugé semble toujours mauvais car il implique de juger sans réfléchir.

Toutefois, s’il conduit à bien agir, le préjugé pourrait être bon et il n’y aurait nulle faute à en avoir.

Y a-t-il des condition qui permettent à un préjugé d’être bon ?

Le préjugé serait bon dans l’urgence de l’action, voire dans la vie sociale, mais l’autonomie est préférable et doit conduire à rejeter le préjugé.

 

 

Comme Descartes le remarquait dans le Discours de la méthode, l’action est parfois urgente. Dès lors, le préjugé élimine le doute qui paralyserait l’action comme Burke le soutient dans ses Réflexions sur la révolution de France.

Il est clair que les préjugés sont bons pour les enfants dans la mesure où ils leur donnent un cadre fixe.

Pour les adultes eux-mêmes, les préjugés leur permettent d’agir et de bien agir en s’appuyant sur les préjugés qui font la vertu selon Burke parce qu’ils résument une longue histoire.

 

Cependant, l’urgence n’est qu’un cas particulier. De façon plus générale, la vie sociale ne doit-elle pas reposer sur de préjugés ?

 

 

Déjà l’enfance, c’est-à-dire ce moment de la vie où on ne peut vraiment réfléchir, exige des préjugés. Voltaire a raison de dire dans son article « préjugé » du Dictionnaire philosophique portatif qu’on les utilise partout, puisqu’ils consistent à juger avant de réfléchir, pour éduquer les enfants afin qu’ils puissent disposer de bons principes pour bien agir.

On peut même considérer que les préjugés sont la somme d’expériences héritées comme le soutient Taine dans Les Origines de la France contemporaine. À ce titre, un préjugé ancien peut être historiquement justifié par la raison, il est alors bon. Si le préjugé est alors toujours valable dans la vie sociale, c’est qu’il la rend possible. Sans lui, l’homme n’est qu’un loup inquiet. L’adulte en a tout autant besoin que l’enfant.

 

Néanmoins, éduquer au préjugé, c’est empêcher la réflexion et de trouver mieux que ce qui a été longtemps répété. N’est-ce pas que le préjugé est toujours mauvais ?

 

 

En effet, si l’enfant semble avoir besoin de protection, il doit devenir adulte. On lui apprend à marcher malgré les chutes. Or, on peut penser par analogie comme Kant dans Réponse à la question : qu’est-ce que les lumières ?, qu’on peut de même apprendre à penser par soi-même. Inculquer des préjugés, c’est faire en sorte de maintenir dans la minorité l’individu et l’empêcher d’accéder à la majorité. Ceux qui le font, le font par intérêt, parce que dominer les autres leur permet d’en retirer des bénéfices.

Aussi, qui réussit à penser par lui-même ne peut que répandre l’exigence de penser par soi-même, comme exigence pour tout homme ; c’est ce qui fait l’autonomie qui n’exclut nullement d’agir dans l’urgence en choisissant une opinion ou de suivre les lois sociales admises en attendant d’en proposer de meilleures.

 

 

En un mot, le problème était de savoir s’il y a des conditions qui permettent à un préjugé d’être bon. L’urgence et la vie sociale semblent rendre bons les préjugés. Pourtant, l’éducation à l’autonomie qui exclut les préjugés permet de répondre à l’urgence et à la vie sociale tout en permettant à l’homme d’accéder à l’autonomie, de sorte qu’un préjugé ne peut pas être bon.

 

 Depuis le siècle des Lumières, il est courant de critiquer les préjugés, de les refuser.

Un préjugé semble toujours mauvais car il implique de juger sans réfléchir.

Toutefois, s’il conduit à bien agir, le préjugé pourrait être bon et il n’y aurait nulle faute à en avoir.

Y a-t-il des condition qui permettent à un préjugé d’être bon ?

Le préjugé serait bon dans l’urgence de l’action, voire dans la vie sociale, mais l’autonomie est préférable et doit conduire à rejeter le préjugé.

 

 

Comme Descartes le remarquait dans le Discours de la méthode, l’action est parfois urgente. Dès lors, le préjugé élimine le doute qui paralyserait l’action comme Burke le soutient dans ses Réflexions sur la révolution de France.

Il est clair que les préjugés sont bons pour les enfants dans la mesure où ils leur donnent un cadre fixe.

Pour les adultes eux-mêmes, les préjugés leur permettent d’agir et de bien agir en s’appuyant sur les préjugés qui font la vertu selon Burke parce qu’ils résument une longue histoire.

 

Cependant, l’urgence n’est qu’un cas particulier. De façon plus générale, la vie sociale ne doit-elle pas reposer sur de préjugés ?

 

 

Déjà l’enfance, c’est-à-dire ce moment de la vie où on ne peut vraiment réfléchir, exige des préjugés. Voltaire a raison de dire dans son article « préjugé » du Dictionnaire philosophique portatif qu’on les utilise partout, puisqu’ils consistent à juger avant de réfléchir, pour éduquer les enfants afin qu’ils puissent disposer de bons principes pour bien agir.

On peut même considérer que les préjugés sont la somme d’expériences héritées comme le soutient Taine dans Les Origines de la France contemporaine. À ce titre, un préjugé ancien peut être historiquement justifié par la raison, il est alors bon. Si le préjugé est alors toujours valable dans la vie sociale, c’est qu’il la rend possible. Sans lui, l’homme n’est qu’un loup inquiet. L’adulte en a tout autant besoin que l’enfant.

 

Néanmoins, éduquer au préjugé, c’est empêcher la réflexion et de trouver mieux que ce qui a été longtemps répété. N’est-ce pas que le préjugé est toujours mauvais ?

 

 

En effet, si l’enfant semble avoir besoin de protection, il doit devenir adulte. On lui apprend à marcher malgré les chutes. Or, on peut penser par analogie comme Kant dans Réponse à la question : qu’est-ce que les lumières ?, qu’on peut de même apprendre à penser par soi-même. Inculquer des préjugés, c’est faire en sorte de maintenir dans la minorité l’individu et l’empêcher d’accéder à la majorité. Ceux qui le font, le font par intérêt, parce que dominer les autres leur permet d’en retirer des bénéfices.

Aussi, qui réussit à penser par lui-même ne peut que répandre l’exigence de penser par soi-même, comme exigence pour tout homme ; c’est ce qui fait l’autonomie qui n’exclut nullement d’agir dans l’urgence en choisissant une opinion ou de suivre les lois sociales admises en attendant d’en proposer de meilleures.

 

 

En un mot, le problème était de savoir s’il y a des conditions qui permettent à un préjugé d’être bon. L’urgence et la vie sociale semblent rendre bons les préjugés. Pourtant, l’éducation à l’autonomie qui exclut les préjugés permet de répondre à l’urgence et à la vie sociale tout en permettant à l’homme d’accéder à l’autonomie, de sorte qu’un préjugé ne peut pas être bon.

 

 

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