mercredi 19 août 2020

Fiche 1 La conscience

 La conscience                                                                Fiche 1

 

·      La conscience désigne l’état de vigilance du sujet, voire d’attention au monde ou à soi-même mais aussi la voix qui nous avertit de la moralité de nos actions.

·      La conscience, quoi qu’elle nous donne l’impression de nous connaître, ne serait-elle pas une source d’erreur, voire d’illusion sur soi-même ?

 

 

I. Le cogito.

1) La découverte du cogito (je pense).

·      Recherchant un principe premier qui permet de découvrir la certitude dans les sciences, Descartes propose de douter méthodiquement, c’est-à-dire de considérer comme faux tout ce qui est simplement douteux pour découvrir ce qui est certain, éventuellement qu’il n’y ait rien de certain.

·      Douter de tout conduit à découvrir que moi qui doute, je ne peux pas douter de mon existence.

·      Qu’est-ce donc que je suis, moi qui suis certain d’exister ?

 

2) Le moi est conscience.

·      Que je sois un corps situé dans le monde, je peux en douter. Par contre, je ne peux douter que je pense. Je suis donc une chose qui pense (res cogitans).

 

·      Penser, c’est être conscient, c’est-à-dire savoir ou avoir le sentiment de concevoir, de vouloir, d’imaginer, et même de percevoir. Ce que je perçois peut être faux mais il est toujours vrai et certain que c’est moi qui le perçois.

 

·      Toutefois, comme la conscience me définit et qu’elle doit être consciente d’elle-même, la réflexion qu’elle implique ne conduit-elle pas à une régression infinie puisqu’il faudrait être conscient d’être conscient d’être conscient et ainsi de suite ?

 

3) Toute conscience est morale.

·      On peut avec Alain penser que la réflexion implique décision. Elle est, quant au fond, interrogation par le sujet sur ce qu’il doit faire ou sur ce qu’il doit penser.

 

·      C’est pourquoi la conscience est toujours implicitement morale. L’inconscient, c’est l’homme qui ne se pose pas de question.

 

·      Cette conscience n’est pas présente lorsqu’à la question on substitue des opinions sur des opinions ou sur des savoir-faire, dans la mesure où il n’y a alors aucune remise en cause, aucun recul.

 

·      Aussi la conscience ne se trompe-t-elle jamais puisqu’elle est réflexion et décision du sujet qui ne peut que connaître son intention

 

Cependant, cette réflexion est-elle vraiment possible ?

 

 

 

II. La réflexion.

1) L’impossible introspection.

·      Le sujet ne peut réfléchir dans certains états comme ceux de la passion. Il est alors perturbé et partial.

·      Il ne peut réfléchir à son activité intellectuelle puisqu’il ne peut se dédoubler (Comte, Cours de philosophie positive, 1ère leçon).

 

2) Conséquences.

·      La conscience ne peut permettre au sujet de savoir ce qu’il en est de lui et notamment du rôle que joue son corps, notamment le cerveau dans sa pensée.

 

·      Pour se connaître, le sujet doit passer par l’autre ou par l’examen de ses œuvres (actes et pensées) en tant qu’elles ont une objectivité qui permet l’examen.

 

·      Cependant, si la réflexion ne définit pas la conscience, que doit-elle être ?

 

 

III. L’intentionnalité.

Zone de Texte: « Toute conscience est conscience de quelque chose. » Husserl, Méditations cartésiennes.1) Le cogito préréflexif.

·      La conscience ne peut s’ignorer elle-même mais elle vise toujours un objet. Elle est conscience de cet objet vers lequel elle est tournée.

·      Il faut qu’elle s’en détourne pour réfléchir, ce qui est une conscience seconde. La conscience ne peut se ressaisir directement elle-même.

 

2) « Je est un autre »

·      Le moi n’est donc pas le sujet de la conscience, mais son objet (cf. Sartre, La transcendance de l’ego).

·      Le sujet n’est donc pas le mieux placé pour se connaître. Selon le mot de Rimbaud, pour lui « Je est un autre ».

 

·      Le sujet est donc dans la même position que les autres pour se connaître.

 

·      Ce sont ces actes qui lui découvrent ses intentions.

 

·      Le sujet n’est rien d’autre qu’une histoire qu’il ne peut écrire lui-même puisque seule sa fin jette une lumière sur son sens.

 

En conclusion, la conscience ne peut être un principe de la connaissance et de l’action. Elle accompagne le sujet plutôt qu’elle ne le définit.

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire