vendredi 5 janvier 2018

Claude Lévi-Strauss (1908-2009), biographie

Vie.
Claude Lévi-Strauss est né à Bruxelles de parents français le 28 novembre 1908. Il a été élève au lycée Janson de Sailly à Paris. Il a obtenu une licence de droit à la faculté de droit de Paris et a étudié la philosophie à la Sorbonne.
En 1931, il obtient l’agrégation de philosophie. Il enseigne au lycée de Mont-de-Marsan puis au lycée de Laon.
En 1934, il est nommé membre de la mission universitaire au Brésil. Il est professeur à l’université de São Paulo qu’il quittera en 1938. Il mène plusieurs missions ethnographiques dans le Mato Grosso et en Amazonie.
En 1939, il revient en France. Il est mobilisé en 1939-1940. Il est nommé au collège François Arago de Perpignan puis au lycée Joffre de Montpellier.
En 1941 il s’échappe de la France de Vichy et gagne les Etats-Unis. Il enseigne à la New School for Social Research de New York. Il s’engage dans les Forces françaises libres. Il est affecté à la mission scientifique française aux États-Unis. Il fonde avec Henri Focillon, Jacques Maritain, Jean Perrin et d’autres l’École libre des hautes études de New York. Il en est le secrétaire général.
En 1944, il revient en France.
An 1945, le ministère des Affaires étrangères l’envoie aux États-Unis comme conseilleur culturel près l’ambassade.
En 1948, il démission de son poste de conseiller culturel. Il est docteur ès lettres.
En 1949, il devient sous-directeur du musée de l’homme. Puis il devient directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il occupe la chaire des religions comparées des peuples sans écritures.
En 1955 il publie Tristes tropiques.
En 1959, il est élu professeur au Collège de France à la chaire d’anthropologie sociale.
En 1962 il publie La pensée sauvage.
En 1966, il a reçu, en 1966, la médaille d’or et le prix du Viking Fund, décerné par un vote international de la profession ethnologique.
En 1967, il obtient la médaille d’or du C.N.R.S.
Le 24 mai 1973, il est élu à l’Académie française. Il obtient le prix Erasme.
En 1982, il est mis à la retraite du Collège de France.
En 1986, il obtient le prix de la fondation Nonino.
En 1996, il obtient le prix Aby M Warburg.
En 2002, il obtient le prix Meister Eckhart.
En 2005, il obtient le prix international Catalunya.
Il est mort à Paris le 30 octobre 2009.

Œuvres.
La Vie familiale et sociale des Indiens Nambikwara (1948) ; Les Structures élémentaires de la parenté (1949) ; Race et Histoire (1952) Tristes Tropiques (1955) ; Anthropologie structurale (1958) ; Georges Charbonnier, Entretiens avec Claude Lévi-Strauss (1961) ; Le Totémisme aujourd’hui ; La Pensée sauvage (1962) ; Mythologiques I. Le Cru et le Cuit (1964) ; Mythologiques II. Du miel aux cendres (1967) ; Mythologiques III. L’Origine des manières de table (1968) ; Mythologiques IV. L’Homme nu (1971) ; Anthropologie structurale, II (1973) ; La Voie des masques (édition augmentée) (1975) ; Le Regard éloigné (1983) ; Paroles données (1984) ; La Potière jalouse (1985) ; De près et de loin : Entretiens avec Didier Eribon (1988) ; Histoire de Lynx (1991) ; Regarder, écouter, lire (1993) ; Saudades do Brasil (1994) ; Saudades de São Paulo (1995) ; Loin du Brésil : Entretiens avec Véronique Montaigne ; L’Anthropologie face aux problèmes du monde moderne ; L’autre face de la lune. Écrits sur le Japon (posthume, 2011) ; Nous sommes tous des cannibales (posthume, 2013) ; Le père Noël supplicié (posthume, 2016). 

mardi 2 janvier 2018

Alfred Fouillée (1838-1912), biographie

Vie.
Alfred Fouillée est né le 18 octobre 1838 à La Pouëze (Maine et Loire). Son père, breton sa mère étant normande, était directeur d’une carrière d’ardoises. Bientôt ruinée, la famille s’installe à Laval ou le jeune Alfred étudie.
À 19 ans, il enseigne au collège d’Ernée la rhétorique. Puis, il se rend à Paris. Il contribue au Dictionnaire universel des contemporains de Gustave Vapereau (1819-1906). Il enseigne ensuite à Lohans (Saône et Loire), Douai (Nord) et Auxerre (Yonne).
Sur les conseils de Charles Glachant (1826-1889), ancien professeur de rhétorique à Louis-le-Grand et gendre du ministre Victor Duruy (1811-1894), et avec son aide, il prépare l’agrégation de lettres. Il enseigne à Carcassonne (Aude). L’agrégation de philosophie et la classe de philosophie ayant été rétablies par Victor Duruy, c’est l’agrégation de philosophie qu’il prépare seul. Reçu premier, il enseigna à partir de 1864 la philosophie successivement dans les lycées de Douai, de Montpellier et de Bordeaux.
Il s’use les yeux pour un travail sur Platon pour avoir un prix pour lequel Victor Cousin (1792-1867) qui l’avait rencontré, lui avait conseillé de concourir. C’est le jeune Jean-Marie Guyau (1854-1888) qui l’aide. Son étude sur La philosophie de Platon est couronnée en 1867.
Il est couronné pour son travail sur Socrate en 1868.
En 1869, il publie La philosophie de Platon.
Il est nommé maître de conférences à l’École Normale Supérieure en 1872. Il obtient le titre de docteur en philosophie en considération de ses deux ouvrages, La Liberté et le déterminisme et Platonis Hippias Minor sive Socratica contra liberum arbitrium argumenta. C’est Jean-Marie Guyau qui le prépare à la soutenance en imaginant toutes les objections possibles.
Sa santé le conduisit à abandonner l’enseignement en 1875.
Il épouse en 1885, après une longue liaison, sa cousine, Augustine Tuillerie (1833-1923), qui fut d’abord Madame Guyau, auteur du livre de lecture pour l’enseignement primaire Le Tour de la France par deux enfants sous le pseudonyme de G. Bruno.
En compagnie de sa femme, de son beau-fils, de sa bru et bientôt de leur fils, Augustin (1883-1917), il vit à Pau, Biarritz, Nice puis Menton.
En mars 1888, Jean-Marie Guyau meurt. Alfred Fouillée, soucieux de sa mémoire, participe à l’éducation du jeune Augustin Guyau.
Il meurt le 16 juin 1912 à Lyon.

Œuvres
La philosophie de Platon (1867) ; La liberté et le déterminisme, Platonis Hippias Minor sive Socratica contra liberum arbitrium argumenta (1872) ; Histoire de la philosophie (1875) ; Extraits des grands philosophes (1877) ; L’idée moderne du droit en Allemagne, en Angleterre et en France (1878) ; La science sociale contemporaine (1880) ; Critique des systèmes de morale contemporains (1883) ; La propriété sociale et la démocratie (1884) ; La morale, l’art et la religion d’après Guyau, L’avenir de la métaphysique fondée sur l’expérience (1889) ; L’évolutionnisme des idées-forces (1890) ; L’enseignement au point de vue national (1891) ; Descartes, La psychologie des idées-forces (1893) ; Pages choisies de Jean-Marie Guyau, Tempérament et caractère selon les individus, les sexes et les races, Le mouvement idéaliste et la réaction contre la science positive (1895) ; Le mouvement positiviste et la conception sociologique du monde (1896) ; Psychologie du peuple français, Les études classiques et la démocratie (1898) ; La France au point de vue moral (1900) ; La réforme de l’enseignement par la philosophie, La conception morale et civique de l’enseignement (1901) ; Nietzsche et l’immoralisme (1902) ; Esquisse psychologique des peuples européens, Le moralisme de Kant et l’amoralisme contemporain, Les éléments sociologiques de la morale (1905) ; La morale des idées-forces (1907) ; Le socialisme et la sociologie réformiste (1909) ; La démocratie politique et sociale en France (1910) ; La pensée et les nouvelles écoles anti-intellectualistes (1911).

Augustin Guyau publie en 1913 La philosophie et la sociologie d’Alfred Fouillée. Puis, il publie à titre posthume Humanitaires et libertaires au point de vue sociologique et moral, en 1914.


Henri Marion (1846-1896), biographie

Vie.
Henri Marion est né le 9 septembre 1846 à Saint-Parize-en-Viry (Nièvre) dans une famille rurale et modeste.
Il est élève au collège de Nevers puis au lycée Louis-le-Grand.
Il est élève de l’École normale supérieure après y avoir été reçu en 1865. Il a comme professeur Jules Lachelier (1832-1918) qui l’estime.
En 1868, il est reçu à l’agrégation de philosophie. Il est professeur de philosophie aux lycées de Pau en 1868, de Bordeaux en 1870 et Henri IV de Paris en 1875.
En 1880, il est docteur ès lettres pour une thèse qui est publiée sous le titre De la solidarité morale. Il est élu par ses collègues le 15 avril pour les représenter au Conseil supérieur de l’Instruction publique. Il joue un rôle dans l’établissement d’un enseignement du second degré pour les filles qui est créé. Il s’opposera aux revendications féministes, défendant l’infériorité de la femme et sa subordination pour la conservation de la famille. Il participe notamment à l’établissement des Écoles normales de Saint Cloud et de Fontenay.
Sa première leçon à la Sorbonne a lieu le 6 décembre 1883. Elle est publiée.
En 1887, il est le premier à occuper une chaire de « science de l’éducation » à l’Université de la Sorbonne. Il y agit en défenseur de la « méthode active ».
En 1889, il est fait chevalier de la légion d’honneur.
Il participe à la réforme de la discipline dans les lycées qui rompt avec la conception militaire napoléonienne qui donne lieu à l’arrêté du 5 juillet 1890.
En 1893, il est chargé du cours de psychologie appliquée à l’éducation l’École normale supérieure de Fontenay.
Il meurt à Paris le 5 avril 1896.

Œuvres
Leibniz, Essais de théodicée sur la bonté de Dieu : la liberté de l'homme et l'origine du mal. Extraits, précédés d’une notice sur la vie et la philosophie de Leibniz et accompagnés d’analyses et de notes (1875) ; John Locke, sa vie et son œuvre d’après des documents nouveaux (1878) ; De la solidarité morale, essai de psychologie appliquée (1880) ; Leçons de philosophie appliquée à l’éducation (1881) ; Leçons de Morale (1882) ; Leçons de psychologie appliquée à l’éducation (1882) ; Devoirs et droits de l’homme (1882) ; L’éducation dans l'université (1892) ; Psychologie de la femme (1900) ; L’éducation des jeunes filles (1902).



lundi 1 janvier 2018

Alfred Espinas (1844-1922), biographie

Alfred Victor Espinas est né le 23 mai 1844 à Saint-Florentin (Yonne). Son père était pharmacien.
Il fut condisciple de Stéphane Mallarmé (1842-1898) au lycée de Sens. Puis il est élève au lycée Louis-le-Grand. Il est bachelier ès lettres et ès sciences.
De 1864 à 1867 il est élève à l’École normale supérieur où il a été reçu 10ème. Pendant ses années d’études, il obtient sa licence ès lettres en 1865.
Il est suppléant de philosophie au lycée de Bastia en 1867, puis il est chargé de cours de philosophie au lycée de Chaumont en 1868.
En 1870 il est engagé volontaire dans la garde nationale. La défaite française le conduit à penser la société et le fait social comme fondamental.
Après plusieurs échecs, il est premier à l’agrégation de philosophie en 1871. Il devient professeur de philosophie au lycée du Havre.
En 1873, il est professeur de philosophie au lycée de Dijon.
Il se marie en 1874 avec Hortense Gallot, fille d’un inspecteur des forêts avec qui il aura deux enfants, Henriette et Pierre.
En 1876, son condisciple Théodule Ribot (1839-1916) fonde La Revue philosophique qui va participer de la fondation de la psychologie.
Il soutient sa thèse qui le fait docteur ès lettres le 8 juin 1877 pour une étude sur la psychologie animale intitulée Des sociétés animales : étude de psychologie comparée (avec une thèse complémentaire De civitate apud Platonem) sous la direction de Pierre Janet (1859-1947) et Elme-Marie Caro (1826-1887) avec Charles-Pendrel Waddington (1819-1914) et avec Alfred Mézières (1826-1915) comme président du jury. Pierre Janet lui demande d’éliminer la partie de l’introduction prévue qui fait l’éloge d’Auguste Comte et d’Herbert Spencer. En outre, il lui reproche d’avoir fait plus une thèse de zoologie que de philosophie. Espinas élimine toute l’introduction. Alfred Espinas défend sa thèse dans un article intitulé « La vie sociale chez les animaux » qui paraît dans la Revue scientifique de la France et de l’étranger, 1877.
Il est nommé maître de conférences de philosophie à la faculté des lettres de Douai en 1978. Il publie sa thèse avec l’introduction contestée sous le titre Des sociétés animales.
En 1879, il est chargé de cours à la faculté des lettres de Bordeaux.
En 1881, il est titulaire de la chaire de philosophie à la faculté des lettres de Bordeaux.
En 1882, il est aussi chargé du cours de pédagogie.
En 1884, il critique l’agrégation de philosophie, repère du spiritualisme et instrument de la bourgeoisie.
En 1887, il est assesseur du doyen de la faculté des lettres de Bordeaux. Il a pour collègue Emile Durkheim (1858-1917). Il a pour élève Marcel Mauss (1872-1950). Puis il devient doyen de 1887 à 1890 de la faculté des lettres de Bordeaux.
En 1890, il est doyen honoraire.
En 1892, il est chevalier de la légion d’honneur.
En 1894, il est chargé d’un cours d’histoire de l’économie sociale à la Sorbonne.
En 1989, il est professeur honoraire de la faculté de Bordeaux
En 1899, il est professeur-adjoint à la faculté des lettres de Paris.
En 1890, il introduit le terme de praxéologie.
En 1904, il est professeur d’histoire de l’économie sociale à la faculté des lettres de Paris.
Il est élu membre de l’Institut, de l’Académie des sciences morales et politiques en 1905.
En 1911, il prend sa retraite.
Il est mort à Saint-Florentin le 24 février 1922.


Œuvres.
Des sociétés animales : étude de psychologie comparée ; De civitate apud Platonem (thèse 1877) ; La philosophie expérimentale en Italie, origines, état actuel (1880) ; Platon, La république, livre VI, édition avec une étude sur la politique platonicienne et une partie du livre VII (1881), livre VIII (1885) ; L’idée générale de la pédagogie (1884) ; Histoire des doctrines économiques (1891) ; Herbert Spencer, Principes de psychologie, tome 1 (traduction avec Théodule Ribot) (1892) ; Les origines de la technologie : étude sociologique, Du sommeil provoqué chez les hystériques (1897) ; La philosophie sociale du XVIIIe s. et la Révolution (1898) ; Descartes et la morale (2 vols, posthume, 1925).

Articles.
« La vie sociale chez les animaux » qui paraît dans la Revue scientifique de la France et de l’étranger, 1877
« Études nouvelles de psychologie comparée », Revue Philosophique, 1878
« Les études sociologiques en France. Les colonies animales », Revue Philosophique, 1882
« Les études sociologiques en France. Les colonies animales », Revue philosophique de la France et de l’étranger, XIII, 1882
« L’agrégation de philosophie », Revue internationale de l’enseignement, 1884
« Être ou ne pas être ou du postulat de la sociologie », Revue Philosophique, 1901